Un peu d'histoire

C'est au coeur du vieux Québec, dans une bâtisse datant de 1860, que l'on retrouve le Restaurant Café Buade. On peut d'ailleurs y voir les murs de pierres d'origine dans les salles à manger du 2e étage. C'est en 1919 qu'apparaît pour la première fois la fonction de "café et restaurant" au 31 rue de Buade. En effet, un dénommé Frank Cladis y installe son commerce qu'il nomme à l'époque le "New World Café ".

Au début des années soixante, le New World Café portera dorénavant un nom francophone soit celui de Café Buade. L'historique du nom Buade nous vient du gouverneur Frontenac qui se nommait Louis de Buade. Au fil des ans, le Café Buade a vu défiler des milliers de clients. Le restaurant se classe dans la catégorie cuisine familiale et sa réputation rapport qualité-prix est très enviable

Louis Henri De Buade comte de Frontenac et de Palluau est né au château de Saint-Germain-en-Laye (France) le 12 mai 1620. Il figure parmi les personnages les plus importants de l'histoire de la Nouvelle-France.

Le grand-père et le père de Louis étaient gouverneurs du château de Saint-Germain-en-Laye. Louis est né dans le château du Roi ( l'actuel château ) et baptisé dans la chapelle le 30 juillet 1623. Son parrain était nul autre que Louis XIII, Roi de France.

À l'âge de dix-sept ans, Louis de Frontenac entra dans l'armée française. Il participa à plusieurs campagnes de la guerre de Trente Ans. Au siège d'Orbitello en 1646, il fût blessé au bras droit, blessure dont il ne guérira jamais. En octobre 1648, Frontenac épousa Anne de la Grange-Trianon, célèbre pour sa beauté physique, si bien que son portrait se trouve à Versailles. Elle était l'héritière d'une immense fortune. Le père d'Anne s'oppose violemment à ce mariage et quand il apprit que les noces avaient quand même eu lieu, il déshérita sa fille. En mai 1651, Anne donna naissance à François-Louis, le seul enfant de Frontenac.

Il est aujourd'hui très connu au Québec pour avoir défendu la colonie contre les attaques anglaises et iroquoises. En janvier 1690, il organisa trois partis de guerre pour ravager les établissements anglais de la frontière ; mais, au lieu de concentrer l'attaque sur Albany comme plusieurs colons le demandaient, il dirigea ses troupes contre trois petits établissements, fort éloignés l'un de l'autre : Schenectady dans New York, Salmon Falls sur la côte du Maine et fort Loyal sur la baie de Casco. Ces incursions réussirent admirablement à relever le moral dans la Nouvelle-France et à répandre la terreur le long de la frontière des colonies anglaises, mais elles portèrent aussi ces dernières à unir leurs forces en vue d'une attaque par terre et par mer contre le Canada.

Leur plan prévoyait qu'un corps de milice considérable de New York, de la Nouvelle-Angleterre et du Maryland se joindrait aux Iroquois pour attaquer Montréal, tandis qu'une expédition maritime partirait de Boston sous le commandement de Sir William Phips pour attaquer Québec par la voie du Saint-Laurent. À cause de la mauvaise organisation et d'une épidémie de petite vérole qui se déclara dans les rangs des miliciens, il fallut abandonner l'attaque en masse contre Montréal. En conséquence, quand Frontenac apprit à Montréal qu'une flotte de Boston approchait de Québec, il put grouper toutes les forces militaires de la colonie pour défendre cette ville.

Le 16 octobre, un officier de la flotte de Boston débarqua et fut conduit devant Frontenac entouré de son haut personnel civil et militaire. Cet &eacue;missaire remit un ultimatum de Phips, qui demandait la reddition de la colonie dans un délai d'une heure, à défaut de quoi Québec serait prise par la force des armes. À quoi Frontenac répliqua par cette phrase claironnante : " Je n'ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes cannons et à coups de fusil. " Cette courageuse riposte redonna du coeur aux défenseurs de Québec et abattit le courage des troupes de la Nouvelle-Angleterre. Quand elles apprirent que toutes les forces militaires de la colonie attendaient leur assaut, leur ardeur militaire s'affaiblissaient sensiblement. Les gens de la Nouvelle-Angleterre débarquèrent un millier d'hommes sur les battures de Beauport, en face de Québec, sur l'autre rive de la rivière Saint-Charles, mais ne purent monter une attaque . Au bout de trois jours de marche et de combats contre les sorties de petites bandes de miliciens canadiens, par un froid de plus en plus aigu, ils remontèrent finalement sur leurs navires pour s'en aller. Frontenac avait ainsi défendu Québec et la colonie avec succès et le minimum de pertes, simplement en tenant ferme.

Aucune bataille n'avait eu lieu et la retraite de l'ennemi surprit Frontenac, mais il s'agissait quand même d'une victoire décisive. Les colonies anglaises ne lancèrent plus d'attaque de grande envergure contre le Canada ; pendant les sept autres années de guerre, elles s'en remirent aux Iroquois pour soutenir leurs combats. D'autre part, le Canada ne possédait pas assez de troupes pour envahir en force les colonies anglaises. Frontenac décida en conséquence de faire une guerre de guérillas : les Canadiens devinrent bientôt aussi adroits que les Iroquois à la guerre d'embuscades et d'attaques furtives, au cours de laquelle la capture par les Indiens entranîait les pires formes de torture que pouvaient imaginer des esprits sauvages.

À l'automne 1698, Frontenac tomba gravement malade, et sa santé se dégrada rapidement. Il mourut le 28 novembre 1698. Il fût inhumé en l'église des Récollets de Québec.

Le Château Frontenac fut érigé là où était le château Saint-Louis, habitation principale du Comte lorsqu'il était en nouvelle France et fût nommé en son honneur.

Louis Henri de Buade, comte de Frontenac, gouverneur de la colonie de la Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698.